Skip to main content

Financial Post: Les biais inconscients peuvent avoir une incidence sur vos résultats financiers. Voici comment les éviter.

26 décembre, 2023
clock 4 MIN LIRE

Les humains ont des biais intrinsèques. Or, bon nombre d’entre eux ne se rendent pas compte qu’il existe des biais financiers. Les émotions jouent naturellement un rôle dans la réussite financière. Il faut donc se protéger contre leur incidence au moyen de mesures comme le maintien de plusieurs comptes bancaires et la diversification des placements.

Ironiquement, une stratégie réactive qui peut sembler appropriée peut être issue d’un raisonnement faussé par des biais inconscients. C’est pourquoi il est important de faire appel à un conseiller financier qui possède l’expertise nécessaire pour reconnaître ces biais et encadrer les investisseurs.

Les fluctuations des marchés financiers peuvent alimenter la peur et inciter même les investisseurs rationnels à prendre des décisions irrationnelles. Les épisodes de volatilité sur les marchés sont normaux et la bonne chose à faire n’est pas de se retirer des marchés ou d’essayer de les anticiper. Si l’on observe l’indice composé S&P/TSX sur une période de 20 ans (de 2002 à 2022), on constate que le fait de manquer seulement les dix meilleurs jours de cette période de placement n’aurait donné que 54 % des rendements (4,6 % contre 8,5 % pour l’ensemble de la période), selon SEI Investments Co. et FactSet Research Systems Inc.

Au lieu de retirer vos placements en période de tension, le recours à des conseils professionnels peut vous aider à composer avec vos biais financiers. Parmi les biais que les conseillers constatent le plus souvent, mentionnons la sensibilité aux pertes, l’effet de récence – le fait d’accorder plus de poids aux dernières fluctuations du marché – et la tendance à investir dans ce qui est familier.

La trinité des biais financiers

Avez-vous déjà possédé un placement qui ne répondait pas à vos attentes? Peut-être avez-vous investi 400 $ dans une action, pour voir sa valeur chuter jusqu’à 200 $. De tels revers peuvent avoir une incidence durable. Il est donc normal que les occasions futures puissent susciter des inquiétudes.

Cette tendance est souvent reconnue comme un biais d’aversion pour les pertes, par lequel nos réactions aux pertes sont plus fortes que nos réactions à des gains de taille comparable. Les données récentes montrent que la majorité des conseillers considèrent l’aversion pour les pertes comme le biais le plus répandu parmi les clients.

Les investisseurs qui ont un biais d’aversion pour les pertes peuvent tenter de contrôler étroitement leurs placements et sont susceptibles de prendre des décisions trop prudentes qui ne correspondent pas nécessairement à leur profil de risque ou à leurs objectifs de placement. Cette réticence à accepter les pertes ou à prendre des risques finira par avoir une incidence sur les rendements à long terme.

Les investisseurs qui ont un biais d’aversion pour les pertes devraient éviter d’examiner leurs placements fréquemment ou d’effectuer des changements en période baissière. Le fait de porter une attention excessive sur les valorisations quotidiennes du portefeuille, surtout en période de volatilité, ne fera que vous détourner de vos objectifs à long terme.

À l’instar du biais d’aversion pour les pertes, le biais de récence peut aussi inciter les investisseurs à prendre des décisions impulsives et réactives. Le biais de récence est le fait de baser les décisions de placement sur les événements récents du marché plutôt que sur une vue d’ensemble.

Par exemple, même si un secteur en plein essor fait les manchettes, cela ne signifie pas que vous devriez remanier l’ensemble de votre portefeuille en conséquence. Pourtant, 50 % des conseillers financiers constatent cette tendance comportementale chez leurs clients et considèrent qu’il s’agit du deuxième biais financier le plus répandu.

La diversification est essentielle pour aider à lutter contre le biais de récence et éviter de tout investir dans des secteurs ou des catégories d’actif en particulier. La prise de conscience de ce biais favorise une approche de placement plus équilibrée, qui tient compte à la fois des fluctuations à court terme et des objectifs à long terme.

Dans un contexte de volatilité récente des marchés, les investisseurs sont souvent rassurés par les placements qui ont fait bonne figure dans leur propre portefeuille par le passé. Ce troisième type de biais financier s’appelle le biais de familiarité, c’est-à-dire la prédisposition à investir dans des actifs familiers.

Les placements familiers peuvent procurer un sentiment de sécurité, mais le portefeuille le plus sûr est celui qui est diversifié. Un conseiller financier sur quatre estime qu’il s’agit d’un biais courant chez les investisseurs, ce qui peut se traduire par un portefeuille trop peu diversifié pouvant empêcher les clients d’atteindre leurs objectifs.

Chaque minute, on est bombardé par 11 millions d’éléments d’information, même si l’esprit conscient ne peut en traiter qu’environ 40 à la fois, de sorte que plus de 99,9 % des nouvelles données doivent être traitées inconsciemment, selon le livre « Strangers to Ourselves: Discovering the Adaptive Unconscious » de Timothy Wilson.

Les décisions financières impliquent souvent des émotions liées aux expériences et aux angoisses personnelles. Or, vous n’avez pas à faire ces choix par vous-même. Un conseiller financier peut gérer les biais et vous protéger contre ceux-ci au moyen de stratégies collaboratives d’établissement d’objectifs qui vous mettent à l’aise, de sorte que vous ne changez pas de cap lorsque la volatilité frappe.

Une approche de gestion de patrimoine axée sur les objectifs vise à comprendre comment vous voulez que vos finances servent vos buts de vie. Cette approche réduit le risque et l’anxiété, et combat la prise de décisions influencée par les biais en diversifiant les actifs. Un plan robuste comprend également la prise en compte des dons de bienfaisance et du transfert de patrimoine intergénérationnel, assurant un soutien aujourd’hui et demain, ainsi qu’aux étapes ultérieures de la vie. 

Le fait de prendre le temps de comprendre vos biais inconscients et leur influence sur les décisions financières peut vous aider à obtenir de meilleurs résultats financiers. La gestion collaborative de ces biais au moyen de la gestion de patrimoine axée sur les objectifs peut vous donner la liberté de prendre du recul et la confiance que vos objectifs financiers seront couverts, peu importe ce qui se passe sur Wall Street.

L’article a d’abord paru dans le Financial Post.
 

Anne Hoare

Head of Asset Management Solutions, SEI Canada

Jetez un coup d’œil aux nouvelles récentes nous concernant.