Gestion du risque : Le placement axé sur les buts

avril 20, 2017

L’objectif de la gestion du risque des portefeuilles axés sur la stabilité consiste à réduire au minimum le risque de pertes substantielles, tandis que, dans le cas des portefeuilles axés sur la croissance, le risque est défini comme la possibilité d’une croissance insuffisante à long terme.

Aperçu :

  • En tant que pionniers en matière de placement axé sur les buts, nous croyons que, pour respecter la priorité accordée aux buts poursuivis, nous devons, lorsque nous constituons un portefeuille, nous attacher tout autant à bien comprendre l’utilisation que l’investisseur fait de son portefeuille.
  • L’objectif de la gestion du risque des portefeuilles axés sur la stabilité consiste à réduire au minimum le risque de pertes substantielles, tandis que, dans le cas des portefeuilles axés sur la croissance, le risque est défini comme la possibilité d’une croissance insuffisante à long terme.
  • Dans chaque cas, il est nécessaire d’inciter l’investisseur à manifester un comportement compatible avec le plan de placement élaboré pour atteindre ses buts. Même le plan le mieux conçu peut dérailler si l’on achète lorsque les prix sont élevés et que l’on vend lorsqu’ils sont bas.

Le risque prend diverses formes qui sont familières aux personnes chargées de financer un budget personnel ou professionnel, mais qui ne se préoccupent pas particulièrement du processus de gestion de placement.

Ces investisseurs peuvent être exposés à un grand nombre de risques différents : les facteurs qui influent sur la volatilité du rendement des actifs financiers, la mesure dans laquelle le processus suivi par un gestionnaire est fidèle à sa philosophie, les décisions opérationnelles qui ont une incidence sur la mise en œuvre de la stratégie, etc. En théorie, cependant, aucun de ces risques n’est nécessairement plus grand que les autres.

Quel est donc le risque le plus important du point de vue des investisseurs?

Selon nous, c'est le risque « de ne pas atteindre leurs buts ». Cette affirmation peut apparaître comme une simplification excessive, mais elle est difficile à contester.

Comment traduire les buts en actions

Même si les investisseurs poursuivent beaucoup de buts différents, un petit nombre de ces buts obtiennent la part du lion, comme le financement de la retraite (au niveau individuel et dans le cadre d’un régime) ou le paiement d’études universitaires. La majorité des buts sont liés à un horizon temporel.

  • Point dans le temps : accumulation d’un montant préétabli avant une certaine date.
  • Période prolongée : distribution d’un montant précis chaque année pendant plusieurs décennies.
  • Formule combinée : accumulation jusqu’à une certaine date, puis distribution au fil du temps.
  • Formule ouverte : accumulation ou distribution pour une durée indéfinie.

Or, chaque but comporte son propre sous-ensemble de risques.

  • Risque de manque à gagner : échec à accumuler le montant visé
  • Risque de longévité : insuffisance de l’épargne distribuée en raison d’une longue durée de vie
  • Risque de conjoncture : contexte de placement défavorable survenant au mauvais moment (habituellement lorsque l’investisseur passe de la phase d’accumulation à la phase de distribution)

Si l’accumulation et la distribution sont mentionnées si souvent, c’est parce qu’elles jouent un rôle essentiel dans la définition des objectifs de placement. En un sens, chaque décision qu’un investisseur doit prendre pour établir un plan de placement est associée à l’une de ces phases. Combien d’années consacrera-t-on à l’accumulation? Quel est le taux de distribution périodique nécessaire?

L’équilibre entre l’actif et le passif est un principe utile pour élaborer un plan de placement réalisable en fonction d’objectifs financiers. On peut, par exemple, exprimer une épargne-retraite cible comme un passif futur, puis déterminer les coûts de financement initiaux et permanents, ou l’actif, qui sont nécessaires pour y répondre, tout comme le ferait un régime de retraite. Le montant de cette épargne-retraite cible dépend de la série de distributions prévues, ou passif-revenu, dont le retraité a besoin pour remplacer le revenu qu’il recevait auparavant sous la forme d’un chèque de paie.

À ce stade, l’engagement de l’investisseur joue un rôle clé pour plusieurs raisons. Premièrement, les objectifs et le passif connexe sont ceux de l’investisseur, de sorte que l’actif qui servira à les financer doit également provenir de l’investisseur. Par conséquent, l’obligation de rassembler le financement requis exige, à un degré quelconque, une participation soutenue de l’investisseur. De plus, étant donné que les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs seront extrêmement importants, il est nécessaire de gérer attentivement la perception de l’investisseur et le comportement qui en découle.

Le rôle du comportement

Nous avons été des pionniers en matière de placement axé sur les buts, en nous appuyant sur une recherche publiée il y a presque 15 ans : Goals-based Investing: Integrating Traditional and Behavioral Finance. Nous croyons que, pour respecter la priorité accordée aux buts poursuivis, nous devons, lorsque nous constituons un portefeuille, nous attacher tout autant à bien comprendre comment l’investisseur perçoit et utilise son portefeuille.

Si l’on met de côté pour un moment les précédents quantitatifs, statistiques et historiques sur lesquels nous nous fondons pour définir le cadre de référence de nos décisions de placement et de gestion du risque, l’approche axée sur les buts et centrée sur l’investisseur exige que nous soyons attentifs et que nous nous adaptions aux tendances comportementales des investisseurs.

Dans cette perspective, nous devrions cultiver chez les investisseurs une tolérance ferme à l’égard du rendement du portefeuille, en particulier durant les replis du marché. Après tout, une stratégie a de meilleures chances de fonctionner si l’investisseur reste actif sur le marché pendant toute la période visée. Imaginez la perturbation que peuvent causer des investisseurs suffisamment frustrés par un marché en baisse pour liquider leurs placements lorsque celui-ci s’approche d’un certain seuil. Il est aussi possible que l’interruption soit moins radicale, mais que l’investisseur n’ait plus le désir de continuer à faire les cotisations nécessaires pour financer un passif futur.

S’en tenir au plan

La nécessité de réduire au minimum les obstacles dus au comportement a des implications pratiques qui constituent l’un des volets particuliers de notre travail de gestion du risque. En fait, elles alimentent la conception globale de notre programme de portefeuilles axés sur les buts.

Si un comportement destructeur peut empêcher un investisseur de tirer le maximum de ses placements, nous devons concevoir des stratégies de portefeuille pour remédier à ce genre de comportement. Pour répondre à la comptabilité mentale, c’est-à-dire la tendance des investisseurs à appliquer différents degrés de tolérance au risque à différents objectifs (dont l’horizon temporel diffère souvent), on peut scinder le portefeuille en reproduisant ces différences.

Cette approche constitue une dérogation théoriquement sous-optimale aux principes de la finance traditionnelle, qui considère le patrimoine financier comme un portefeuille unique. Elle peut cependant être optimale, si elle empêche l’investisseur d’adopter des comportements autodestructeurs sur le coup des émotions.

La constitution d’un grand portefeuille qui établit un équilibre entre les différents facteurs en matière de risque et de rendement et entre les différents horizons temporels et dont la répartition évolue au fil du temps est peut-être le moyen le plus simple de répondre aux objectifs d’un investisseur. Toutefois, le risque global de ce portefeuille pose problème : que se passera-t-il si la conjoncture se détériore et que le portefeuille perd 20 % de sa valeur en un an?

Les investisseurs seraient probablement plus disposés à passer au travers d’un repli du marché si la stratégie adoptée était clairement liée à leurs objectifs individuels. Autrement dit, plutôt que de mettre tous ses actifs dans un seul grand portefeuille, on pourrait constituer un portefeuille conservateur à court terme pour financer les frais de subsistance et un portefeuille dynamique à long terme pour générer de la plus-value en capital. Globalement, la perte de ces deux portefeuilles pourrait quand même atteindre 20 %, mais elle résulterait d’un recul à un chiffre relativement inoffensif du portefeuille à court terme et d’une baisse plus importante du portefeuille à long terme, qui dispose du temps voulu pour se refaire.

Les deux approches peuvent réaliser les objectifs des investisseurs, mais la deuxième a beaucoup plus de chances de tirer avantage de l’incertitude associée à un repli du marché.

Maintenir la division des actifs

Le but de ces portefeuilles distincts ne se limite pas au fait qu’ils rendent la comptabilité mentale plus satisfaisante pour les investisseurs. Lorsque nous concevons des portefeuilles à court terme axés sur la stabilité et des portefeuilles à long terme axés sur la croissance, nous nous nous conformons à des contraintes et à des objectifs précis.

Étant donné que les portefeuilles axés sur la stabilité visent à répondre aux besoins de revenus pour l’immédiat ou dans un avenir rapproché, il est important que leurs actifs soient relativement stables et liquides. En conséquence, l’objectif de la gestion du risque et la répartition de l’actif de ces portefeuilles respectent un budget strict afin de réduire au minimum le risque de pertes substantielles.

Les portefeuilles axés sur la croissance, quant à eux, doivent répondre à des objectifs liés à la longévité; dans un tel cas, le risque est défini comme la possibilité d’une croissance insuffisante à long terme

Les actifs de ces portefeuilles sont sélectionnés en fonction de paramètres de risque comme les écarts entre le sommet et le creux. Les actifs dont le rendement prévu est élevé, mais qui ont déjà subi des reculs importants, sont plus tolérables dans un portefeuille axé sur la croissance, parce que leur horizon temporel est plus long et que les possibilités de reprise sont plus nombreuses. Il faut cependant être beaucoup plus prudent lorsqu’on sélectionne de tels actifs pour les portefeuilles axés sur la stabilité, car ils risquent de compromettre les besoins de revenus immédiats.

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